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Cannes 2010 #2

@apichatpong.weerasethakul

hors d’œuvre

INDE : How does Uncle Boonmee relate to the Primitive installation where this character first appeared ?

AW : The film is about a memory of Thailand’s north-east where i grew up. This Boonmee character is linked with Primitive project in a way that in that Nabua village, people try to forget their brutal past, while this guy can remember so much. He is an epitome of the region’s recollection. However, while I was making the film, I tended not to focus on his past lives. I am more interested in the everyday life, the landscape. And gradually it has become about my memory of the cinema I remember enjoyed watching. It’s become the stitches of narratives. The film has 6 reels, and in each reel if you care to notice it is in different style of filmmaking. 

INDE : What are the formal particularities of those six parts ?

AW : They are not like chapters, but more smoothly transformed as the film progresses. I am not sure that people will notice about the differences actually, because the narrative is straightforward. For me, the film is old style cinema with these shifting characteristics - melodrama, documentary, horror, and experimental. 

INDE : Memory of cinema has always been important in your work process. However, it seems that you tend more and more to look for the political background of landscapes. First with Syndromes and a Century, where we could feel something from Thailand’s fate and future ; then maybe now with Primitive & Uncle Boonmee, with those young people (dressed as) soldiers and manipulating agents of destruction in a recreational way. Would you agree with that evolution ? And would it reflect something of a growing political engagement, a concern about political troubles in Thailand, as well as a national responsibility for you ?

AW : I think so. It is hard not to engage in a political realm when you are surrounded by what’s going on at the moment. It is not a responsibility, but an impression. I can’t tell at what direction my filmmaking is heading. But politics is a prominent possibility. 

Beaucoup attendent Uncle Boonmee who can recall his past lives, le dernier long-métrage du cinéaste-thaïlandais-au-nom-imprononçable Apichatpong Weerasethakul.

Joei – son diminutif – a répondu avec la prestance qu’on lui connaît aux trois questions que nous lui avons envoyées par e-mail. Une rencontre plus longue est prévue le 21, date de présentation du film.

INDE. Quel est le rapport entre Uncle Boonmee et l’installation Primitive, où ce personnage est apparu pour la première fois ?
AW. Le film porte sur la mémoire du Nord-est de la Thaïlande où j’ai grandi. Le personnage de Boonmee est lié au projet Primitive dans le sens où ce village de Nabua est habité par des gens qui tentent d’oublier leur passé brutal, alors que ce type est capable de se remémorer tant de choses. Il est un exemple des souvenirs de la région. Quand je tournais le film, cependant, j’ai tenté de ne pas me concentrer sur ses vies passées. Je suis davantage intéressé par la vie quotidienne, par le paysage. Et le film est devenu peu à peu quelque chose sur la mémoire du cinéma que j’aimais regarder. Les points de couture d’un récit sont apparus. Le film a six bobines, et chacune d’elles, si vous vous donnez la peine de le remarquer, emprunte un style cinématographique différent. 

INDE : Quelles sont les particularités formelles de ces six parties ?
AW. Ce ne sont pas vraiment des chapitres, plutôt une transformation douce et progressive. En fait, je ne suis pas sûr que les gens le remarqueront tant la narration est simple. Pour moi, c’est un cinéma ancien avec ces caractéristiques changeantes - mélodrame, documentaire, horreur, expérimental. 

INDE : La mémoire du cinéma a toujours été importante dans ton travail. Néanmoins, il semble qu’il tende de plus en plus vers l’observation du contexte politique des paysages. Avec Syndromes and a Century, où l’on pouvait sentir quelque chose du destin et de l’avenir de la Thaïlande ; puis peut-être aujourd’hui avec Primitive et Uncle Boonmee, et leurs jeunes (déguisés en) soldats, manipulant des agents de destruction dans une logique récréative. Es-tu d’accord avec cette évolution ? Et est-ce qu’elle refléterait quelque chose comme un engagement politique croissant, un regard préoccupé par les troubles politiques en Thaïlande, voire une responsabilité nationale ?
AW. Je le pense. Il est difficile de ne pas s’engager dans le domaine politique lorsque tu es entouré par ce qui se passe en ce moment. Ce n’est pas une responsabilité, plutôt une impression. Je ne peux pas dire dans quelle direction mon cinéma se dirige. Mais la politique est une possibilité évidente. 

par mail le 13 mai 2010

par Antoine Thirion
jeudi 13 mai 2010

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