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The Hunter  de Rafi Pitts

En feu

7.4

Rafi Pitts est de ces cinéastes (Gallo, Skolimowski... la liste est longue) dont chaque nouveau film est à la fois la marque d’un plaisir et d’une souffrance. Plaisir de tourner le monde, souffrance de retourner dans le monde. Il ne tourne que cet éternel retour.

The Hunter déborde de rage et de douleur. C’est un cri qui, fidèle à la voix de celui qui l’émet, reste en toute sa puissance absolument silencieux. D’ailleurs, si on reste au pied de la lettre, l’histoire donc il est question est de celles que la presse, en Iran non moins qu’ailleurs, n’a pas vocation à écrire mais seulement à décrire. Imaginez ce que donnerait, dans une quelconque rubrique de faits divers, un gardien de nuit, abandonné par sa femme, tirant contre une voiture de police et tuant à froid deux policiers. Traqué dans les bois, il est abattu.
Qu’est-ce que Pitts ajoute pour que cela devienne un film ? Une image qui revient trois fois. Le chasseur (Pitts himself, qu’une histoire de tournage a poussé involontairement devant la caméra) est assis avec son fusil à côté d’un feu ; immobile, il attend l’aube. Qu’est-ce qu’il pense ? Difficile dire, mais on ne peut pas s’empêcher de se poser la question.
Début janvier, nous avons publié un entretien avec Rafi Pitts par Gabriel Klinger. L’occasion était alors sa lettre ouverte adressée à son président, Mahmoud Ahmadinejad, depuis sa postion d’exil. Voici une deuxième rencontre, cette fois-ci pour parler de The Hunter, qui risque de devenir pour longtemps son dernier film tourné en Iran.

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par Eugenio Renzi, Quentin Mével
lundi 21 février 2011

The Hunter Rafi Pitts

Iran ,  2010

Avec : Rafi Pitts (Ali Alavi) ; Mitra Hajjar (Sara) ; Saba Yaghoobi (La fille d’Ali).

Durée : 1h32.
Sortie : 16 février 2011.