JPEG - 151.9 ko
spip_tete

68 Mostra internazionale di arte cinematografica

Waltz with Roman

Un divertissement léger. Carnage est un film efficace qui observe à distance ses comédiens qui, tous, plongent agilement dans la pièce de Yasmina Reza, un drame en un seul acte - l’histoire de deux couples de parents. On prendra sans doute plaisir à voir Christopher Waltz, ici dans le rôle d’un avocat au service d’une entreprise pharmaceutique, tendre de nouveau les muscles de son visage après deux performances oubliables (The Green Hornet et De l’eau pour les éléphants), et John C. Reilly, dans, sans doute, le meilleur rôle de sa carrière. Son personnage, j’ai-envie-de-plaire, vendeur de casseroles et de chasses d’eau contrebalance très intelligemment celui joué par Waltz, carriériste-agressif.
Un moment mémorable : Waltz essaie de vanner Reilly et engage une discussion sur les différents types de chasses d’eau ; Reilly répond au premier dégrès, très doctement.
Il y a beaucoup de moment où le film s’arrête pour faire rire la salle - grâce au tempo, impeccable, de Waltz – comme dans les sitcom tournées en direct. La sala Darsena a parfois éclaté de rire, est parfois restée silencieuse. La fin de ce court long-métrage était en tout cas bienvenue. En effet, au fur et à mesure le crescendo des engueulades croisées devient fatigant, même si on n’atteint jamais vraiment le point de saturation. Carnage n’est finalement qu’une série de sketches amusants tous coupés avant que la véritable substance n’ait le temps d’affleurer..

Ce n’est pas la première incursion de Polanski dans le genre théâtral – la Jeune Fille et la mort, adaptation de la pièce d’Ariel Dorfman - avec, parfois, des résultats surprenants. Polanski reste un maître de l’espace : ainsi son aisance lorsqu’il navigue dans l’appartement de Brooklyn où se déroule Carnage, en utilisant les portes et les halls d’entrée pour créer une distance – dramaturgique - avec ses personnages.
Mais là où The Ghost Writer était puissamment cinématographique, le style dans Carnage est largement invisible. Même le compositeur Alexandre Desplat, une nouvelle fois utilisé par Polanski pour la musique originale, est présent aux seuls génériques de début et de fin. Au final, sans être révolutionnaire, Carnage est à la hauteur de nos attentes ; et l’espoir demeure que son réalisateur nous reviendra avec un projet plus ambitieux.

Traduit par Eugenio Renzi et Valentina Novati.

Merci à Marie Guégan.

par Gabe Klinger
vendredi 2 septembre 2011

Accueil > évènements > festivals > Venise 2011 > Waltz with Roman