67 mostra internazionale d’arte cinematografica

Sixième jour : carnet

Potiche, SIlent Souls, El Sicario, Hai Paura Del Buio, Caracremada

Potiche
4,5

François Ozon. Venezia 67 - 1h43
A l’origine pièce de théâtre, jouée notamment par Jacqueline Maillan. Ozon voulait l’adapter depuis longtemps. Le moment lui a semblé opportun après les présidentielles et l’élection d’un acteur devenu bankable grâce à quelques répliques fameuses ("travailler plus pour gagner plus", "casse toi pauv’ con", etc). Deneuve et Depardieu sont à l’inverse : corpulents et mutins. A part cela, même recette que 8 femmes, Gouttes d’eau..., Sitcom... : un huis clos théâtral, deux espaces, l’usine et la maison. Même musique alternant comédie chansonnette et mélancolie. Du Demy (les parapluies, la voix de CD), des oies sauvages l’hiver (Sirk). Le trajet d’une femme qui de potiche devient patronne puis députée dans un contexte social peu propice.

 

Ovsyanki (Silent Souls)
5,2

Aleksei Fedorchenko. Venezia 67 - 1h15

Tout le monde pense au Retour, Lion il y a 7 ans. Des barques sur un lac, des rites sacrés, des nappes de musique graves, comme une complainte liturgique pour barytons. Film diablement russe : il fait froid, les rivières sont gelées, les rapports taiseux et suspicieux. Le récit vaut comme parabole énigmatique, et brise la linéarité par l’apparition des souvenirs. On vise le registre sublime, pas moins, mais à défaut, on se contente des conventions.
 

El Sicario. Room 164
5,5

Giafranco Rosi. Orizzonti - 1h20
Sicario = homme de mains des trafiquants de drogue. Purisme du dispositif, plans rares sur la ville, sans doute Tijuana ou Juarez. Observation ponctuée de Sicario dans un motel, la tête recouverte d’un filet noir duquel rien ne filtre. C’est donc son corps qui parle. Il s’exprime comme un visage. Ce Sicario est un acteur né. Lorsqu’il parle de ses méfaits, nombreux, il les joue à tel point qu’on se croirait devant un Pacino amateur (l’Impasse). Les faits réels viennent appuyer les films de fiction (Traffic en tête). Police brutale, armée corrompues, assassinats en série et coke en packs. Rien de bien neuf. Un seul écart intéressant : El Sicario, en racontant, dessine sommairement sur un cahier, illustre sa parole, à moins qu’il ne la réinterprète encore, simultanément et d’une autre façon.
 
 

Hai paura del buio
5

Massimo Coppola. Settimana della critica - 1h35
On dit que c’est le film le plus intéressant de la Semaine de la Critique (il y en a une aussi à Venise). Pas faux. Pour un film italien silencieux, immobile, de bon goût (Joy Division, Jacno, New Order), avec trucs et astuces. On peut aimer son sujet : les immigrés en Italie (délicat, rappelons milice populaire et lois agressives), leur exploitation par la classe ouvrière italienne. Mais voilà, ça ne décolle pas du sujet. Ce n’est qu’aimable et souvent limite (l’histoire des femmes et la réflexion sur le voyeurisme).
 

Caracremada 6,5

Lluis Galter. Orizzonti – 1h38
Chasse à l’homme presque totalement sans contre-champ. On ne voit que le chassé. C’est la petite histoire, le détail (la plupart des plans sont soit gros soit très gros) qui donne à voir la lutte solitaire de quelques anarchistes contre la dictature de Franco. Le geste compte doublement, comme signe narratif dominant (pas de dialogue) et pour ce qu’il connote ou métaphorise. La caméra ne bouge pour ainsi dire jamais. Les visages apparaissent à peine. Seul compte le rapport de la nature au geste, du geste à la nature, comme dans toute bonne proposition radicale.


mardi 7 septembre 2010

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