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15 pages ailleurs

Alias : Die Hard

Beaucoup de monde en ce moment m’arrête dans la rue, à la Shadothèque, partout, et me demande pourquoi ? Qu’est-ce qu’il leur a pris ? Quel intérêt de passer 15 pages sur un truc qui de toute évidence les emmerde ? Est-ce pour régler des comptes ? Pour affirmer la vitalité de La Revue ? J’ai beau expliquer que non. Que pas mal de canards en ce moment baignent dans l’avant-ringardise – Le World et Libéralisation notamment. Mais l’incompréhension est grande, elle a déjà généré des légendes urbaines. Comme quoi j’aurais obligé Blondin à regarder trente fois Talladega Nights. C’est quand même vraiment fort de café. Ce n’était pas Talladega d’ailleurs mais Sans Sarah rien ne va. Et puis en aucun cas je n’aurais forcé Charmelotta à redessiner toutes les bites de Supergrave. Si elle griffonne sur son carnet pendant tout le film, je n’y suis pour rien.
Reste la question : pourquoi toute cette animosité contre Apatow ? Et bien, mes chers compatriotes, je vous dois la vérité. Je vais vous dire pourquoi le rédac chef de la Revue a tant détesté le movie. Je sortais de la projo de Funny People 15 av. Moche, Club Louche (vous savez, la salle remplie de canapés en peau de vache du Morvan) quand j’ai croisé Fiffy Nörssten. Normalement il me regarde avec respect. Je suis quand même l’ancien directeur de La Revue. Mais là il venait juste d’être nommé par Shaggy Fouet, il a voulu m’impressionner en gonflant sa poitrine et se redressant pour me dépasser de trois têtes. Je l’ai toujours trouvé rigide du gland ce garçon, avec quelque chose d’ado, de bon élève. Mais là il paraissait bien fier. De toute évidence, il était en train de me dire un truc ricanant du genre : « et alors ce grand film ? »

Tout le monde, sortant d’une comédie, rêve d’en avoir tiré une puissante répartie. Que l’occasion lui soit donnée de répéter la blague la plus drôle du film. Occasion en or, pardonnez-moi, je n’ai pas pu résister. Je lui coupe le sifflet et lui fais : « en effet, le film n’est pas aussi bon que celui où tu essaies de tuer Bruce Willis. Die Hard, c’est ça ? ». Il est devenu tout rouge genre manager d’Ikea sur la Croisette. J’allais en rajouter une couche en prenant mon vieil accent suédois pratiqué avec l’ami Ingmar, quand arrive mon vieux pote Charley Tucson. Tranquillou, il regarde Fiffy Nörssten et lui balance la deuxième vanne en véo. « I’ve been trying to build this bibliothèque I bought from you guys for something like six months ! » Charley ne risque sans doute pas de réécrire dans La Revue avant quelques temps.

par Shad Teldheimer
jeudi 8 octobre 2009

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