67 mostra internazionale d’arte cinematografica

Dixième jour : palmarès

Mis à part le prix de la mise en scène à Alex de la Iglesia, anecdotique, le palmarès de la Mostra de Venise est bon. Les cartes auraient pu être distribuées autrement, mais qu’importe. A une exception près (Wang Bing), tout y est. Surtout, il n’y a aucune trace du cinéma italien, fort présent dans la compétition, mais dont tout le monde sait qu’il s’agit d’une taxe que la Mostra paye chaque année aux producteurs du Bel Paese.
Lion d’or du meilleur film à Somewhere de Sofia Coppola (Etats-Unis)

Etonnant. Le film ne manque pas d’allure. Allure très Gallo d’ailleurs. En un sens (le sens du jury sans doute), il s’agit du meilleur film de Sofia Coppola. Son plus sec, privé, public. Mais au Lido, cette année, on a vu mieux. Somewhere avait disparu très vite des cœurs, des têtes, des bouches et des claviers.

Lion d’or pour l’ensemble de l’œuvre : Monte Hellman

On est pour. Pour l’œuvre et surtout pour ce film, Road To Nowhere (un texte à suivre).

Lion d’argent de la mise en scène à Alex de la Iglesia, pour Balada triste de trompeta (Espagne)

Tache.

Prix spécial du jury à Essential Killing de Jerzy Skolimowski (Pologne/Norvège)

Un prix spécial est toujours étrange. Manière de signaler que le film est aimé, mais qu’il ne fait pas l’unanimité. Peu importe. Skolimowski n’est pas une surprise. Mais c’est toujours étonnant de voir un vieux cinéaste tenter un film très physique et le réussir, notamment dans le côté contemplatif (ouvertures, grands espaces, déserts de sable et de neige). Un mélange très réussi de ses deux carrières, l’américaine et l’européenne.

Chaque fois qu’un cinéaste réalise un chef d’œuvre (c’est le cas), l’impression est que tout son cinéma présent n’est qu’une série d’étapes et d’expériences qui l’on conduit à ce dernier film.

Comme United Red Army pour Koji Wakamatsu, ou bien Che pour Steven Soderbergh, Essencial Killing est un défi monumental. Une montagne. Une histoire qui demande calme, énergie et surtout expérience. Sur un thème on ne pourrait plus casse gueule (poursuite et mort d’un suspect), Skolimowski avance d’un bout à l’autre sans jamais dévier du cap, sans jamais tourner un plan de trop, un mot de trop. Rien que l’essentiel. (Voir la vidéo de notre entretien avec Skolimowski)

Coppa volpi (meilleur acteur) : Vincent Gallo pour Essential Killing de Jerzy Skolimowski (Pologne/Norvège)

Qui d’autre ?

Coppa volpi (meilleure actrice) : 
 Ariane Labed pour Attenberg d’Athina Rachel Tsangari (Grèce).

A nouveau, mais pour d’autres raisons que Gallo : qui d’autre ? L’Américain est, à juste titre, le meilleur acteur d’une Mostra où on a vu passer d’autres volpables (on pense surtout à Vincent Cassel). Sans rien enlever à la prestation d’Ariane Labed dans Attenberg, elle était assez seule.

par Eugenio Renzi
dimanche 12 septembre 2010

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