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Michael  de Markus Schleinzer

Mater pour voir

0,1

Il n’y a pas que le pape de Moretti à avoir besoin d’un psy cette année. L’obsession pour la banalité du mal, le plaisir de montrer du gris et du laid ne sont pas nouveaux dans le cinéma germanique. Avec Michael, on touche le fond.

Michael est employé d’une compagnie d’assurance. Avec ses collègues, il est poli pour éviter d’être sympathique. Il sait faire du ski, mais ne pourrait pas affronter une piste noire. Il ne rend pas visite à sa mère à Noël. Il connaît des chansons, mais chante faux. Il sait faire la cuisine, mais se limite à la junk food. Il ne regarde pas à droite lorsqu’il traverse la rue. Il ne sait pas draguer. Il bande mou. Il ne sait pas raconter de blagues. Il aime les mauvais films. Il fume. Il a enlevé un enfant et le garde dans sa cave. Il est pédophile.

Une scène peut donner une idée du film entier. Allongé sur son canapé en train de regarder la télé, Michael semble s’amuser. Une réplique d’un film de porno Z lui arrache un sourire : « Ça, c’est mon couteau. Ça, c’est ma bite. Avec quoi veux-tu être pénétrée en premier ? ». Plus tard, à table, il se lève, ouvre sa braguette, brandit sexe, couteau, et répète la réplique à l’enfant qu’il a kidnappé un an plus tôt. Celui-ci répond, sans hésitation : « avec le couteau ».

Se demander comment cela a été tourné, c’est déjà entrer dans la perversion du film. Filmée en plan large, la scène suggère que les deux acteurs se trouvent face à face. C’est une illusion. En vérité, Michael Fuith n’a jamais montré son sexe à David Rauchenberger. Il s’agit d’un trucage. Mais pourquoi avoir créé cette illusion – là où un simple champ/contre-champ aurait suffit – sinon pour dire au spectateur : "regarde, j’ai osé faire ça".

par Eugenio Renzi
mercredi 9 novembre 2011

Michael Markus Schleinzer

Autriche ,  2011

Avec : Michael Fuith (Michael), David Rauchenberger (Wolfgang), Christine Kain (Mère), Ursula Strauss (Soeur).

Durée : 1h34mn.

Sortie : 9 novembre 2011.

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