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31e Festival International du Film d’Amiens – 11-19 novembre 2011

Argentine-Argentine

Second et dernier film de la compétition à s’intégrer dans notre emploi du temps, El Campo apparaît immédiatement comme un choix cohérent, sinon justifiable, sur le plan de la sélection. Comme Au cul du loup, il travaille autour de l’idée que le changement d’espace n’est jamais pur changement d’espace. La scène d’ouverture montre l’arrivée dans une maison de campagne, passablement délabrée et plutôt sinistre, d’un jeune couple flanqué d’une très petite fille qui se met vite à pleurer. Là encore, il ne s’agit pas de montrer que la campagne vous change un être, mais plutôt comment le lieu va révéler certains aspects de la personnalité de la jeune femme, dont son compagnon se serait bien passé.

La sélection est cohérente, la stratégie catastrophique. Projeté deux heures après Au cul du loup, El Campo aligne lourdement ses ratés dans le sillage vibrant de son prédécesseur. Très vite, on comprend qu’il s’agit de l’un de ces films qui n’ont absolument rien à dire, et s’imaginent qu’à force d’accumulation frénétique, les signes se verront fécondés d’un sens. Mais les signes pullulent et ne s’animent pas : la vieille femme, oracle initiatrice un peu terrifiante, la lapine enceinte, l’enfant-miroir bruyant du couple qui se désunit, le sexe trop intense, les feuilles mortes, le froid, tout sonne faux. Les couleurs de l’automne semblent avoir été choisies par le pinceau grossier d’un peintre amateur sans talent, l’hystérique principale lasse. Certains films manqués savent toucher par intention, lorsqu’ils nous laissent lire leur volonté maladroite de dire quelque chose d’important. Souvent, on leur pardonne. El Campo, parlant très fort pour ne rien dire, est un film impardonnable.

par Noémie Luciani
jeudi 24 novembre 2011

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