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31e Festival International du Film d’Amiens – 11-19 novembre 2011

Mexique-Venezuela

Projeté en présence de son directeur-photo, Angel Goded, Frida ouvre la rétrospective consacrée aux plus célèbres représentants mexicains du métier. Succès international, la réalisation de Paul Leduc n’était au départ qu’un petit film indépendant, auquel on doit pourtant d’avoir largement contribué à constituer Frida en figure mythique, universellement rêvée. A l’actrice principale, Ofelia Medina, est offert un cadre unique, la maison de Frida et Diego eux-mêmes, et des toiles authentiques pour décor.

Beaucoup de belles idées, beaucoup d’adresse : l’histoire d’amour fou entre Frida et Diego est une romance presque sans paroles, cachée sous quelques notes de chansons populaires qu’ils fredonnaient à deux. Un usage inventif du tête à tête entre la femme et le miroir, pourtant très attendu dans un film consacré à une femme d’exception, peintre exceptionnelle. L’on reste sur sa faim, cependant. C’est que Frida, multiple fantasmé de toiles et de rêves, se prête mal à l’hommage. A chaque admirateur qui la rencontre, elle lance le même défi : bats-toi, soumets-moi, si tu l’oses, et si tu peux, crée malgré moi, au delà de moi. Renvoie-moi à l’état de matière.

Joliment plein de ses délicatesses, le film de Paul Leduc demeure agenouillé devant son modèle : un film, tout juste, à peine plus qu’une prière.

Tourné en Haute Définition dans une poignée d’irréductibles villages des Andes où la technologie n’est pas encore parvenue, Le Mystère des Lagunes est un mauvais documentaire très instructif, tombant avec toute la bonne volonté du monde dans les grands pièges du genre. Convaincu (à juste titre) de l’intérêt propre de son sujet, Atahualpa Lichy se garde bien d’en dire quoi que ce soit. Soucieux d’authenticité humaine, il se garde tout autant de poser des questions, surtout lorsqu’elles pourraient fâcher. Désireux de ne pas influencer les jugements, il évacue la question problématique du montage par un assemblage plus ou moins arbitraire en « fragments », en espérant que les correspondances s’établiront d’elles-mêmes. La prise de risque est nulle, la caméra étend des cordes molles entre un oeil aux paupières baissées, et un monde filmé trop près pour être véritablement vu. Les minutes s’écoulent avec une lenteur servile, et les attrayants « mystères des lagunes », maintenus en vie des siècles durant à force d’interrogations muettes et de murmures de réponses, meurent sans panache sous les projecteurs.

par Noémie Luciani
jeudi 24 novembre 2011

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