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34e Festival du Réel

Notes du samedi 24 partie 2/2

Billet #4

Billet #11

Notre corps est une arme (Combattants #8) , Clarisse Hahn, trilogie (en voie de développement) composée de : Prisons, 12min ; Gerilla, 19min ; Los Desnudos, 16min.
7.3

Espoir-Voyage, de Michel K. Zongo, Burkina Faso-France 2011, 81h 22min, (Compétition premiers films)
8.0

Après le silence (Ce qui n’est pas dit n’existe pas ?), Vanina Vignal, France-Roumanie 2012 , 1h35min. (Contrechamp français)
7.0

Recuerdos de una manana, Jose Luis Guerin, Corée du Sud 2011, 0H 45 min, (News from...).
8.0

Billet #10

Tiens Moi Droite, de Zoë Chantre, France 2011, 1h04min. Contrechamp français.
5.2

Bachelor Mountain, de YU Guangyi, Chine 2011, 1h35min. News from...
6.5

Billet #9

East Hastings Pharmacy, Antoine Bourges, Canada, 2011, 0h46min. (Compétition internationale)
4.0

East Punk Memories, de Lucile Chaufour, France, 2012, 1h20min. (Contrechamp Français).
4.0

Billet #8

River Rites, Ben Russell, États-Unis, Surinam, 2011, 11min.
8.5

Two Years at Sea, Ben Rivers, Grande-Bretagne, 2011, 1h 28min.
6.9

Autrement, la Molussie, Nicholas Rey, France, 2011, 1h 21min.
Non noté

Billet #7

Five Broken Cameras, Emad Burnat et Guy Davidi. France, Israël, Palestine 2011.
8.0 (Compétition premiers films).

Billet #6

Les Hommes de la Baleine, M.R. France, 1956, 26 min.
8.5

Vive la Baleine, M.R. France 1972, 17 min.
7.2

Mario Ruspoli : prince des baleines

Florence Dauman, France, 76 min
(pas de note)

Billet #5

Orquestra Geraçao

Filipa Reis et Joao Miller Guerra, Portugal 1h 03min
6.1 (Compétition internationale)

Henri Hudson and his son, Federico Pezdirc, Espagne 0h 20min
3.8 (Compétition courts).

Dusty Night, Ali Hazara, Afghanistan, France 0h 20 min.
5.9 (Compétition courts).

Earth, Victor Asliuk. Biélorussie, 0h 33 min.
7.6 (Compétition courts).

Billet #4

Kako sam zapalio Simona Bolivara [The Fuse : Or How I Burnt Simon Bolivar], Igor Drljaca, Bosnie Herzégovine, Canada 2011, 9 min. (Compétition courts)
6.3.

Découverte d’un principe en case 3, Guillaume Massart et Julien Meunier, France, 2012, 0h59min.
5.0 (Contrechamp français).

Billet #3

Soreiyu no kodomotach [Children of Soleil], Yoichiro Okutani, Japon 2011, 1h47mn (Compétition internationale premiers films).
3.8.

Billet #2

Dochters, Marta Jurkiewicz, Pays-Bas, 2011, 23’, (Compétition courts-métrages).
5.3.

L’Oiseau sans pattes, Valérianne Poidevin, France-Suisse, 2011, 65’, (Contrechamp français).
7.7

Billet #1

Snow City, Tan Pin Pin, Singapour, 15’, 2011.
4.2

Automne, Dmitri Makhomet, France, 26’, 2012
4.5

Los Animales, Paola Buontempo, Argentine, 8’, 2011
7.0

Four Months After, Yuki Kawamura, Japon/ France, 12’, 2011
6.3

Combattants #2 : La decisión de vencer, Guillermo Escalón, Salvador, 63’, 1981
5.5

Bestiaire, Denis Côté, Canada, 72’, 2012, (Compétition Internationale).
7.7

Billet #0

A nossa forma de vida, Pedro Filipe Marques, Portugal, 2011, 91’
6.0

Soreiyu no kodomotach (Children of Soleil)

Yoichiro Okutani, Japon 2011, 1h47mn.

3.8 (Compétition internationale premiers films).

Quelque part à Tokyo, un clochard gagne sa croûte en réparant des moteurs de bateau. Il vit avec ses chiens sur une épave et, bien-sûr, sa vie entourée d’ordures attire les Marcel Duchamp en herbe. Ainsi de Yoichiro Okutan, qui se lance dans un portrait au long cours d’une monotonie renversante, celui de M.Takashima dont la voix perce le bruit des moteurs de hors-bord quand elle n’est pas couverte d’aboiements. Dans l’obscurité monochrome d’un plan nocturne estampillé Art Moderne, le vieil homme improvise quelques perles de sagesse japonaise (ou française, ou togolaise, ou péruvienne, peu importe) : on vit pour vivre, les hommes ne servent à rien, etc. Attendrissant nihilisme enregistré, merci. Dans les salles de Beaubourg, l’ouverture au réel est aussi ouverture à un rythme spécifique – il est rare qu’un plan dure moins de cinq secondes. Pourtant, il faut le dire, on s’ennuie rarement. Parce que l’on passe ce pacte préalable concernant, précisément, la lenteur relative des films. Mais Children of Soleil frise l’installation. Son Charon en sac poubelle erre sans fin sur un fleuve qui reste toujours le même, et la patience ne conduit à guère plus qu’à l’espoir mignonnet d’une nouvel portée de chiots. Beaucoup de silence pour rien.

Kako sam zapalio Simona Bolivara (The Fuse : Or How I Burnt Simon Bolivar)

Igor Drljaca, Bosnie Herzégovine, Canada 2011, 9 min.

6.3 (Compétition courts).

Voici enfin un found footage, un vrai, pas l’un de ceux que bidouille Hollywood : Igor Drljaca n’avait pas dix ans lorsqu’à Sarajevo, son père enregistra son anniversaire en vidéo quelques jours avant le déclenchement de la guerre. Ces souvenirs sont ici liés par l’histoire d’un écolier rêvant d’éviter une mauvaise note et se retrouvant cloîtré chez lui tandis que les balles traçantes traversent le parking de chez lui. De longues semaines changées en heures de rushes dont le réalisateur serbe tire neuf belles minutes, fascinantes jusque dans leurs lourdeurs, comme ce plan halluciné d’un chiot blessé sur le trottoir, qui en dit plus sur le choc d’un enfant découvrant la violence que sur tout ce qu’il pourrait représenter.

Découverte d’un principe en case 3

Guillaume Massart et Julien Meunier, France, 2012, 0h59min.
5.0 (Contrechamp français).

On retrouve Julien Meunier pour la deuxième fois du festival, non plus produit par Independencia mais par Triptyque Films, société co-fondée Guillaume Massart. On reste cependant assez proches de notre microcosme, Massart ayant déjà plusieurs fois participé à la revue que vous êtes en train de consulter – même si je ne l’avais jamais rencontré avant la projection de La Cause et l’usage. Découverte d’un principe en case 3, son titre le suggère, aime la théorie. Aussi le film manque-t-il de légèreté. La résidence entre dessinateurs de BD y est traitée avec plus de sérieux que l’infiltration d’une banlieue corrompue dans La cause et l’usage. On aurait aimé en savoir plus sur le résultat des expérimentations mises en œuvre, sur les jeux que s’imposent ces trentenaires fraîchement revenus de Spirou, Tintin et des Schtroumpfs, or la page blanche sous leurs yeux reste une énigme. Les dessinateurs de la Saline royale d’Arc-et-Senans constituent en effet un sujet particulièrement retors. Plutôt introvertis, ceux-ci ont tendance à ne laisser aucun moment de répit à la caméra, qu’ils n’oublient jamais vraiment. Découverte d’un principe en case 3 documente moins des auteurs de BD que des individus pour lesquels il est difficile de rester naturels. Le challenge documentaire n’est pourtant pas l’objectif des deux réalisateurs. Lorsque le personnage principal, dessinateur plus âgé, malentendant et misanthrope, se lance dans un monologue encadré par deux cuts nets comme des guillemets, Massart et Meunier enregistrent une conception de l’art. Si exigeante qu’on ne peut qu’en voir les limites. Le monologue en question, point d’orgue du film, s’en prend au manque d’ambition d’une collègue. Selon l’homme au micro, la liberté de la création doit être totale, ne pas être entravée par aucune idée du public. Se soucier de la réception de l’œuvre, d’un « sas d’intelligibilité », ne doit pas entrer en compte. Beau manifeste, qui entre en collision brutale avec le souvenir d’un plan apparemment anodin, dans lequel une petite tondeuse traverse, lentement, d’un bout à l’autre, un plan large du parc. Impossible de couper le plan de la tondeuse avant sa ressortie. Elle avance et, avançant, multiplie la mise sur la patience du public, et l’idée que s’en fait le monteur – au milieu de la programmation du Réel, cette tondeuse n’a pas un goût de liberté. On ignore ce que voit le dessinateur misanthrope sur sa feuille blanche, pas plus que la fougue de son idéalisme ne trouve vraiment d’écho, en case 3.

par Camille Brunel
mardi 27 mars 2012

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