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Tabou  de Miguel Gomes

Tú serás mi baby

#1 chat

8.7

TF : Miguel Gomes a déclaré : « La Red, qui est une des caméras numériques les plus employées, a été fabriquée par une marque de lunettes. Ça a plus à voir avec mes lunettes de soleil qu’avec le cinéma. » La partie 1 est en 35, je crois.

MP : Et la deuxième ?

TF : Ca doit être du 16mm, ou du super 16.

MP : L’image est plus mate. C’est curieux, je n’arrive pas du tout à voir d’envoûtement dans le film. Il n’y a comme qui dirait pas d’ambiance dans la dernière partie.

TF : Non, c’est très détaché.

MP : Je ne dis pas que ce n’est pas réussi, mais c’est volontairement scolaire. On illustre l’histoire. Ventura parle de leurs virées et on voit leurs virées, de leur groupe et on voit leur groupe, du temps passé avec Aurora et on les voit en action.

TF : Oui, c’est vrai. C’est un film qui est de plus en plus classique, voire systématique. De plus en plus clair. La première partie est la plus belle.

MP : Il y a l’envie de faire des images. Et on sent qu’il se le reproche. La facilité, c’est un peu le sujet du film. La toile de fond coloniale n’est là que pour ça : avouer qu’on n’a rien vu, qu’on regardait ailleurs. C’est mal et c’est bien à la fois puisque, du coup, on peut faire du cinéma.
C’est un film intéressant, à condition de dire que c’est le contraire de ce qu’on décrit !

TF : Mais est ce qu’il y a un propos politique ? Dans la première partie, il y a plusieurs plans où l’on voit Pilar prier, des images difficiles à interpréter.

MP : Non, plutôt un propos moral. Une question de cinéphile. C’est un peu le A Short Film About the Indio Nacional des cinéphiles. Moins bien donc. Ou le Super 8 européen. Mieux, beaucoup mieux alors.

TF : Super 8 est un peu faible.

MP : Oui, mais au fond c’est ça. Tu déplaces l’âge d’or, tu mets deux âges d’or : le muet et les années 1960. Personne à ma connaissance ne relève cette bizarrerie évidente : pourquoi du muet sur les années 1960 ?

TF : Avec une étrangeté supplémentaire : muet avec du son synchrone. C’est très intéressant à mon avis. « Be my baby » en même temps que Murnau.

MP : Hollywood, l’exotisme, l’aventure... , tout est évacué dans le prologue. Après, ce sera déjà de l’ordre du souvenir, du souvenir conscient : c’est parce qu’on a pleuré devant un film où l’on entend « Be my baby » que l’on s’en souvient en entendant une autre histoire. Retour très curieux non ?

TF : Oui, Pilar pleure devant un film où est joué le titre : Tú serás mi baby

MP : En espagnol !

TF : « Vous pleurez devant toutes ces choses évanouies », ce passé que vous ne pourrez jamais rattraper.

MP : C’est peut-être un procès de la cinéphilie.

TF : Pas mal.

MP : C’est presque un film français de ce point de vue.

TF : Elle repousse l’homme avec qui elle fait une excursion, le vieux garçon qui lui peint des toiles.

MP : La partie gérontophile est très belle. On a l’impression de suivre les personnages secondaires de Monteiro après sa mort : ils s’ennuient ; ils ne veulent plus se cacher qu’ils ne sont pas des artistes. C’est un film qui semble considérer qu’il y a eu trop de films.

TF : Ils se renvoient la balle. C’est du ping pong. D’ailleurs, plus loin, les héros de la troisième partie jouent au ping pong sous la pluie.

MP : Et le panoramique qui aboutit sur Ventura, assis sur la balustrade, regardant les autres. Je suis sûr de l’avoir déjà vu, mais où ?

TF : À quel moment tu penses ?

MP : À la fête, les gens sont au bord de la piscine et lui les observe de plus haut. Peut-être dans L’Année dernière à Marienbad, dans un film plus proche de nous en tout cas, pas dans un film américain. Il y a très peu d’Hollywood en fait, à part le souvenir d’un allemand à Bora-Bora ! On se situe dans une perspective européenne pour une fois. Peut-être que les portugais sont les derniers européens, les seuls à ne pas être jaloux des Etats-Unis !

TF : À pouvoir se réclamer d’une identité nationale, d’un cinéma à eux ?

MP : Non, à ne pas avoir peur pour leur identité. Pour le coup la question ne se pose jamais dans Tabou. On se moque des nationalistes parce que leur identité n’est pas en danger.
C’est un film qui interroge par son apparente simplicité. Je ne pourrais pas dire qu’il y a un dispositif, ni même trois. Il y a la mise en avant d’une facilité dans la troisième partie. Et d’une difficulté (à changer, bouger, se parler) dans la deuxième partie. Et dans la première ?

TF : Le prologue est apparemment détaché du reste, mais c’est ce dont tout le reste semble découler...

MP : Tu as raison, ce doit être la clé du film.

TF : « Un rêve, un film ». C’est Miguel Gomes lui-même qui parle.

MP : Ou alors c’est le résumé d’un siècle de cinéma. Cinq minutes pour dire : "C’était le cinéma".
Puis, dans un second temps : « Ça n’a rien à voir avec la vie », qui est beaucoup moins romanesque. Puis, dans un troisième temps : "Et si on racontait sa vie comme un film ?"

TF : Il y a aussi l’apparition du spectre. "Un crocodile triste et mélancolique, accompagné par une dame, un couple inséparable unis par un pacte secret " ; est ce cela que regarde Pilar, dans la salle ? (Echo avec les débuts d’Amour et d’Holy Motors sur des spectateurs impassible devant ce qu’ils observent, même frontalité)

MP : Oui, et pas de spectres dans cette dernière partie. Est-ce qu’elle ne pleure que pour « Be my baby » ?

TF : Oui.

MP : Le film aura quand même le courage de se poser la question : "Pourquoi est-ce que le cinéma de Murnau reste plus fort ?"

TF : Est ce qu’il y a quand même un geste de revisite de l’âge d’or, qui nous demanderait d’être rétrospectivement naïfs ?

MP : Cette piste Super 8 est à suivre... Un Super 8 honnête, pas du tout séduisant, ni racoleur. De belles images oui, mais des images encore décevantes. La troisième partie est franchement déceptive.

TF : On lit un peu partout que Tabou bouleverse.

MP : Alors que c’est pourtant un film très peu émouvant.

TF : Comme si on disait : c’est une émotion de Cinéma, en majuscules, en Noir & Blanc !.

MP : À l’aide, Jean-Michel Frodon ! On peut aussi dire la chose comme ça : c’est un film qui se laisserait très, voire trop bien, critiquer par Jean-Michel Frodon.

TF : Arthur avait eu un joli mot quand on était sortis :« Film de fakir ».

MP : Notre sibylle. Ne pas oublier que Tabou de Murnau est un film testament malgré lui. Et Tabou d’Oshima un film volontairement testamentaire.

TF : Nouvelle piste !

MP : Tabou de Miguel Gomes : une tentative de ne pas faire un film testament.

TF : Un « sonho » ?

MP : Peut-être, mais pas sur le mode idiot qu’on vante partout : "On peut tout recommencer, prendre les images des chefs-d’œuvre et, avec, raconter nous aussi nos histoires, du moment que l’on est conscient de ce qu’on fait."

TF : Le film tente autre chose ; il n’est pas aussi simplet.

MP : Non, il y a une vraie question de posée : est-il possible aujourd’hui de faire un film qui ne soit pas testamentaire ? Un film qui ne rêve pas à la mort du cinéma ?

TF : À Cannes on a eu les films de Resnais, de Carax.

MP : Un film qui ne soit pas un enterrement en grande pompe. D’où l’enterrement d’Aurora, très modeste. Le rêve est plutôt de ce côté-là. L’inversion de « Paradis » et de « Paradis perdu » est un leurre. Un leurre aussi des personnages sur eux-mêmes : la dernière partie n’a rien d’un paradis.

TF : Non, c’est la mort : ils sont enfermés dans des clichés, d’une histoire lointaine qu’ils pensaient peut-être ne jamais raconter à nouveau. À l’enterrement c’est autre chose, avec Santa qui marche derrière tout le monde. J’aime beaucoup Santa, celle qui lit Robinson Crusoé.

MP : Santa est l’un des vrais mystères du film. (Ils sont tous dans la seconde partie). Elle représente le côté Tourneur, et la seule vraie mauvaise conscience du film.
À un moment on se dit qu’on la considère en cinéphile, qu’elle est peut-être effectivement cruelle avec Aurora en réalité. Peut-être qu’on ne se fait pas des films !
Le problème est là : le film se prête à trop d’interprétations, à trop de références, alors qu’il n’en égrène pas tant que ça. C’est la construction qui veut ça. On veut, et on peut trouver son importance à tout parce que tout revient : c’est la cinéphilie d’après Mullholland Drive, d’après Il était une Fois en Amérique aussi.
Exemple : qui est le personnage principal ?

TF : On ne sait pas. C’est un peu le même mystère que chez Lynch. « This is The Girl ».

MP : Ou : quel est le tabou ? Du point de vue littéral, le problème est beaucoup moins clair que chez Murnau. À moins de dire : c’est la femme adultère. Ce serait l’adaptation en mélodrame bourgeois de Tabou : avec différence de milieu et d’origine, l’industriel et l’aventurier.

TF : Trop évident. Comme de dire que c’est le colonialisme, de convoquer « le drame de l’homme blanc ». Tu as raison, ce paradis est infernal.

MP : Ou alors l’enfant, qu’on ne verra jamais. L’enfant légitime, dont la naissance met fin au drame, à la passion amoureuse et à la colonisation en même temps.

TF : Les trois parties se terminent par trois morts : la mort de l’explorateur, la mort d’Aurora et la mort de Mario.

MP : Ce qui change la question. Il y aurait un mouvement de fuite en avant : comment sauver leur passion de la mort attendue (et de la mort du cinéma, si l’on veut rester métaphorique) ?

1) En mourant comme la femme aimée. La solution de scénariste, de cinéma.

TF : 2) En mourant de mort naturelle ; le cinéma a son âge, il s’ennuie.

MP : Oui, en essayant de rappeler l’aimée au dernier moment. Là, quelque chose rate. Et 3) En s’inventant un film perpétuel à se rejouer, dont on serait les héros. La solution de Sergio Leone.

TF : Il faut relier tout ça pour donner un sens aux prières de Pilar.

MP : Est-ce que les prières doivent conjurer cette condamnation ? Un sort ?

Le film est aussi de moins en moins pudique quant à leur histoire :

1) La transposition, au cinéma.

2) Le mutisme, et l’oubli volontaire.

3) La confidence, le plaisir de raconter l’histoire comme un film.

Le fait qu’il n’y ait pas de conclusion, qu’on ne revienne pas au début est très fort. C’est un film qui ne se mord pas la queue, sinon la deuxième partie serait une transition.

TF : Non, mais on repense quand même souvent à l’ouverture. Avec le crocodile par exemple.

MP : Oui, c’est comme l’exotisme qu’il faut sauver. Ce serait le contraire de Murnau : leur passion n’existe que par l’exotisme, s’y identifie presque totalement.

TF : Mais que vient faire cette scène où Pilar prie - notamment ce travelling où elle en appelle à Saint-Antoine en pleine manif contre l’O.N.U. ?

MP : La chose importante dans la scène est peut-être la prière. Elle conjure, interprète cette manifestation de rien du tout comme une autre annonce d’une fin à venir.
Elle est la seule catholique du film. Ni la vieille dame mourante à côté, ni la servante noire ne parlent religion. C’est elle qui pense en termes de sacrifices quand la servante reste digne, fait son travail. Elle participe à un ou des groupes d’aide à on ne sait quoi, se "rend utile" comme on dit. Elle va chercher les crayons, obéit, manifeste, sans doute pour la paix. Elle veut accueillir une jeune croyante, et s’interdit de comprendre que cette fille se moque d’elle.

TF : On voit qu’elle lit le « Manifeste des économistes atterrés ». Aurora a elle des problèmes d’argent, et Santa apprend la langue. Pleins de petites choses matérielles les occupent, des choses qui sont loin du "sonho".

MP : Elle concentre tous les interdits, tous les préjugés. Son ami s’amuse, se moque des jeunes chrétiens. Elle reste sérieuse. Il dort devant le film. Elle pleure. Mais c’est elle qui a tort.

TF : Je me répète, mais c’est elle qui va au cinéma au début et assiste calmement au spectacle, elle qui pleure un peu plus tard toutes les larmes de son corps quand elle entend Tú serás mi baby [1] la salle.

MP : Pleurer devant Tabou serait un contresens en fait. Mais pas un piège : il s’agit de ne pas se reconnaître dans le film.

TF : Vous n’avez rien vu ; on en revient à cette idée.

MP : Il aurait fallu faire un grand texte sur Holy Motors, le film qui demande, qui veut qu’on ait avec lui un rapport personnel. Tabou va dans le sens inverse. Personne ne devrait les mettre dans un même top !

TF : Je suis d’accord.

MP : C’est confondre une célébration avec un exorcisme, au sens le plus faible du mot.
Conjurer, essayer de conjurer, je ne trouve pas le mot.
Tout ça pour dire : entre Holy Motors et Tabou, le film désespéré n’est pas celui qu’on croit.

TF : Holy Motors est un feu d’artifices, une tentative d’épuiser les fictions. Les deux films partagent au moins cette fatigue.

MP : Carax veut à tout prix confondre, ou faire correspondre la vie avec une forme de romanesque. Tout se passe toujours sur deux niveaux à la fois, les hommes et les anges.
Alors que Miguel Gomes est autrement plus soucieux de son rapport au cinéma, de l’Histoire du cinéma. Dans Tabou, il n’y a jamais à regretter que la vie ne ressemble pas plus au cinéma. Ce n’est peut-être pas un film de cinéphile en réalité.

TF : Les deux se confondent, comme dans Ce cher mois d’août.

MP : Oui, et trop facilement même. Le cinéma est peut-être considéré ici comme une catastrophe : peut-on sauver quelque chose du cinéma ? Peut-on préserver quelque chose auquel le cinéma ne touchera pas ? Les amants y avaient réussi, avant que leur histoire soit racontée, vulgarisée. Alors on donne tout en pâture aux crocodiles. Du coup leur grande histoire d’amour, l’histoire de leur vie paraît dérisoire : ce n’est quand même pas une guerre d’indépendance.

TF : Clairement, la troisième partie est la plus noire (sans mauvais jeu de mot). Il y a peut-être un petit espoir avec les deux scènes de la première partie avec Maya, l’étudiante polonaise qui ne passera jamais son séjour chez Pilar. Lors de sa deuxième apparition, elle est accompagné de son ami qui joue de la guitare ; elle aperçoit Pilar se dirige vers elle : Pilar lui demande si tout se passe bien. Rien ne se passe comme prévu, et on voit Pilar pleurer dans le plan suivant, sur Tú serás mi baby. Cette petite scène et son enchaînement est très beau.

MP : C’est une autre curiosité du film : les moments d’empathie sont aussi des moments d’incompréhension. L’identification maximale, la fusion des amants se fait au moment le plus noir. Même à l’écran (mauvais jeu de mot) !
Que réclame Tabou ? Une nouvelle incommunicabilité, un nouveau mutisme ? De quoi faire du cinéma moderne ? Que regrette Tabou ? Pas, en tout cas, le cinéma classique.

TF : On peut se demander pour qui il prie.

MP : Il y a un vœu, un vœu pieux de respect du silence.

TF : Trois sacrifices, trois morts, des rêves et des prières.

MP : Un film d’église en fait de « dynamitage » . Quel est ce vieux rêve qu’on voudrait garder pour soi, et que les films ne devraient pas récupérer pour eux ? Peut-être est-ce l’exotisme, quelque chose à ne pas galvauder.
La difficulté est de ne pas faire de la poésie bon marché avec ça ; on en fait déjà en ce moment. De ne pas faire non plus d’interprétation politique, pour expliquer que l’exotisme est le vieux rêve européen : ce serait de la poésie bon marché aussi, et d’encore plus mauvais goût.

TF : La première partie n’essaie pas. Ni poésie, ni politique en réalité. C’est un décompte. 28 décembre, 29 décembre, 31 décembre. Une attente tournée vers quelque chose, comme une suspension. Mais pas une transition.

MP : Un décompte oui ! Le reproche de l’ami : tu devrais respecter la tradition des raisins !
Le respect des traditions n’est sans doute pas le problème. Tandis que les grains des coups de minuit représentent, oui, un vrai décompte. Peut-être qu’elle ne veut pas s’y prêter parce qu’elle sait qu’il n’y aura rien au bout. Elle a peur d’être déçue. Elle préfère les chapelets.

TF : Au centre commercial, Ventura commence à raconter l’histoire d’Aurora à elle et Santa. Mais on ne sait pas comment elle réagit. Elle dit juste : « Pardon ? », et lui embraye vers son récit.

MP : Le spectateur n’est pas en question, pas en procès. Le film reste confortable, ce qui le rend vraiment difficile.

TF : Le ton de Ventura est en effet sur une note identique du début à la fin.

MP : On comprend maintenant que la réception dithyrambique ait tant passionné, et gêné les auteurs des dithyrambes eux-mêmes. Ils ont répondu à la question du film.

TF : Qu’est ce qui est « tabou » tu veux dire ?

MP : Non : est-ce qu’on peut enlever une histoire au cinéma ? Réponse, non. Rien ne peut échapper au goût du cinéma, à la cinéphilie. On se pâme, même si on ne sait pas ce qui est tabou !

Cela dit, j’ai toujours l’impression que ce n’est pas un film important.

TF : Tú serás mi baby : comme si le film cherchait à nous séduire, mieux : à nous posséder.

MP : Parce que le projet rate ? Que ça devient juste un beau film ? Ou parce que la question elle-même est archaïque, rhétorique ?

TF : Est-ce que le film serait, selon toi, de moins en moins intéressant ? De plus en plus plaqué ?

MP : Oui : plus on se demande si c’est du cinéma, plus ça devient du cinéma, automatiquement. Le film est de plus en plus attendu.

TF : Reste une hypothèse que j’ai formulée au début : celle d’un film qui dirait tout dans ses cinq premières minutes, puis qui met 1h40 à s’éteindre ; l’explorateur qui plonge, la femme fantôme qui disparaît dans un fondu, et le reste pour retrouver cette sensation perdue...

MP : Au début ce sont des bonshommes, comme des jouets, dans une certaine fixité. Et à la fin ce sont des home-movies : des films moins étranges, où la beauté s’explique par l’émotion du souvenir, de la jeunesse. Les plans de la troisième partie ne ressemblent pas du tout à ceux de la première : il y a une mobilité, des envolées, tant que ça en devient plat.
Le film imite City Girl, et se surprend à ne pas être aussi beau. Pareil avec Le Testament du Docteur Mabuse, et certainement beaucoup d’autres que je ne reconnais pas. Du coup, le film sera un ratage superbe, forcément. On est condamné au cinéma : c’est trop facile.

TF : Ce serait un peu comme ceux qui voudraient voir Sunset Boulevard, et qui n’auront « que » Mulholland Drive.

MP : On est obligé d’y voir un reflet.

TF : Deux fois en tout cas, les amants lancent un regard caméra.

MP : J’ai déjà oublié...

TF : Le dernier à la fin du film, après leur fuite, devant un feu de camp. Et un peu plus tôt : ils se baladent dans un champ, puis, soudain ; ils se plantent devant la caméra.

MP : Ils font une fugue et ce n’est pas aussi bien que ce à quoi ils s’attendaient. Ce sont des enfants trompés sur la marchandise eux aussi !

TF : Comme s’ils disaient : « C’est tout ? »

À suivre...

par Thomas Fioretti, Martial Pisani
samedi 8 décembre 2012

Tabou Miguel Gomes

Allemagne - Brésil - France - Portugal ,  2012

Teresa Madruga (Pilar) ; Laura Soveral (Aurora à l’âge adulte) ; Ana Moreira (Aurora jeune) ; Henrique Espírito Santo (Alter Ventura) ; Carloto Cotta (Ventura jeune) ; Isabel Cardoso (Santa) ; Manuel Mesquita (Mário).

Producteur associé : Alexander Bohr
Producteur : Luis Urbano
Coproducteur : Janine Jackowski
Producteur exécutif : Luis Urbano
Coproducteur : Jonas Dornbach
Producteur : Sandro Aguilar
Coproducteur : Maren Ade, Fabiano Gullane, Caio Gullane, Thomas Ordonneau

Scénariste : Miguel Gomes ; Mariana Ricardo

Directeur de la photographie : Rui Poças
1er assistant réalisateur : Bruno Lourenço
Directeur de production : Joaquim Carvalho
Mixage : Miguel Martins
Chef décoratrice : Donna Meirelles
Chef monteur : Telmo Churro
Ingénieur du son : Vasco Pimentel
Chef costumier : Silvia Grabowski
Chef maquilleur : Araceli Fuente
Chef décorateur : Bruno Duarte
Monteur son : Miguel Martins
Monteur son : Antonio Lopes (II)
Chef monteur : Miguel Gomes

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