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Carnet des notes

Bande de filles, Céline Sciamma - Quinzaine des réalisateurs
3.7

Film qui a sans doute cristallisé trop de problèmes internes au cinéma français et à tout ce qui l’entoure, pour le pire et pour le meilleur. Texte ICI.

Sundays, Kraesten Kusk et Natalia Garagiola - Quinzaine des réaliateurs
1.8

Court-métrage de la Nordic Factory, création de la Quinzaine pour faire travailler ensemble des cinéastes du monde entier. Exemple de world cinema consensuel, fait de rencontres intergénérationnelles et interculturelles. Texte ICI.

Listen, Hamy Ramezan et Rungano Nyoni - Quinzaine des réalisateurs
3.4

Second court-métrage de la NF. Femme voilée et discrimination au programme. Intérêt formel pour l’étoffe du vêtement d’abord, cherche le scandale du fait divers ensuite. Texte ICI.

Void, Milad Alami et Aygul Bakanova - Quinzaine des réalisateurs

1.9

Troisième film de la NF. Intéressant et affligeant en même temps, pour ses impensés idéologiques. Débat autour de la taille comparée des sexes des Occidentaux et des « Arabes ». Texte ICI.

The Girls and the Dogs, Selma Vilhunen et Guillaume Mainguet - Quinzaine des réalisateurs
3.5

Dernier court de la NF. Petit film sur l’amitié, un peu trop proche du film de Sciamma à la fin. Texte ICI.

Le procès de Viviane Amsalem, Ronit et Shlomi Elkabetz - Quinzaine des réalisateurs

6.5

Un beau film, le premier de la Quinzaine. Une comédie sur la désacralisation d’une langue, la vulgarité dont l’hébreu est capable. Texte ICI.

Catch Me Daddy, Daniel Wolfe - Quinzaine des réalisateurs
2.3

Film social anglais, difficile à regarder. Dépeint quelques immigrés Pakistanais à la recherche de leur soeur, partie avec son amant blanc, comme des brutes épaisses. L’héroïne elle-même est renvoyée à ses origines “bestiales” de temps à autre, même quand elle tue involontairement (son frère se tue en se coupant la carotide parce qu’elle l’a repoussé sur une table en verre). Le film sacrifie immédiatement ses beaux plans larges initiaux aux gros plans illustrant la fascination du cinéaste pour les petits détails qui font vrai. Turner n’a pas seulement donné au cinéma anglais l’occasion d’un biopic signé Leigh, en compétition cette année, mais aussi un certain goût pour l’impressionnisme imprécis, masquant son obscénité par quelques tâtonnements de la caméra, pour faire joli.

National Gallery, Frederick Wiseman - Quinzaine des réalisateurs
7.2

Film jumeau de At Berkeley. On pourrait remplacer les étudiants du précédent film par les visiteurs du nouveau, les professeurs par des conférenciers. Mais National Gallery est plus pessimiste : dans les conseils d’administration, on ne voit que des gestionnaires, pas des idéalistes déçus. Texte à venir.

Les combattants, Thomas Cailley
4.6

Film moyen, voire médiocre. Bref, un film du milieu, assez banal. Intéressante Adèle Haenel, la copine de Sciamma, dans son rôle de garçon manqué. C’est en même temps un film de vacances, plus léger et moins sérieux que Bande de filles. Texte à venir.

Le Meraviglie, Alice Rohrwacher - Sélection Officielle - Compétition
4.1

Une famille d’apiculteurs en Italie, dont les petites filles veulent participer à un concours de télé-réalité agricole pour obtenir de l’argent afin d’améliorer leur exploitation. Rohrwacher n’ose pas vraiment filmer ses personnages, elle est toujours sur la défensive. Elle les évite autant qu’eux la fuient : mais les filles aspirent en fait à une autre visibilité. La cinéaste réalise un film-providence, qui cherche à protéger les personnages de la violence politique et économique. En réalité, la télévision leur offre cette confrontation avec la violence décuplée de l’enfer médiatique. Mais le film y vient très tard, alors qu’il y avait un créneau à occuper dans les rapports du cinéma italien à sa télévision (les horribles Reality et La grande bellezza), d’autant plus que la télé-réalité qu’on voit sonne clairement années 80, l’époque où Berlusconi accapare les médias nationaux. De plus, au coeur de l’émission, Rohrwacher refuse de se confronter au point de vue de la TV et continue à filmer en cajolant ses personnages. Elle panse les plaies de la violence médiatique mais ne la pense pas. C’est Monica Bellucci qui fait le travail, en présentatrice du programme : elle est vieille et ridée, bref, elle n’est pas merveilleuse.

Mange tes morts, Jean-Charles Hue - Quinzaine des réalisateurs
6.4

Grande habileté à circuler entre les genres, dans ce récit simple où un ancien détenu initie au vol des membres de sa famille, dans la communauté des gens du voyage. La beauté du film est dans les raccords entre ces différents registres. Il manque un peu d‘endurance, mais accélère autant qu’il peut. Texte à venir.

par Aleksander Jousselin
lundi 19 mai 2014

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