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Roland-Garros 2014

1#bis bis Ne change rien

Federer-Nadal, 34ème match

QUATRIEME JOUR

Les deux joueurs sont déplacés sur le court numéro 7. Temps splendide. On va jouer cette fois ci dès 11h du matin. La régie du tournoi est en contact direct avec celle de Halle, tournoi sur gazon que Nadal et Federer ont prévu de disputer. On menace de rompre leur contrat. Le site de Roland-Garros est désormais en accès libre et attire les curieux. Un autre public afflue vers le stade : chômeurs, ex-ouvriers des usines Renault, enfants faisant l’école buissonière. Dans les tribunes, les clans suisse et espagnol discutent ensemble, partagent le repas. Pour accélerer le protocole, le trophée du vainqueur et le plat en argent du vaincu ont été déplacés sur le court, derrière la chaise du juge arbitre.

Cinquième set : Nadal 104-102, victoire de Rafael Nadal

Des fanatiques des deux joueurs demandent des autographes et prennent la pose avec eux lors des changements de côté. Des chaînes Youtube sont créées pour retransmettre l’évènement auquel la télévision a renoncé. En quatre jours, la mise en scène est passée du rendez-vous institutionnel filmé par Fred Godard à la vidéo amateur. Sur un coup droit boisé de Federer, Nadal conclut le set sur le score de 104 à 102 et remporte son 9e Roland Garros. Le match n’est même pas officiellement le plus long de l’histoire, tout le monde ayant mis le chronomètre et les statistiques de côté. Avec bonheur, les deux joueurs sont renvoyés à l’anonymat, sur un court habituellement réservé aux second couteaux. Enregistrant les échanges avec smartphones et petites caméras, un public documente un autre public. Certains font leurs propres montages, leur propre mise en scène, dans une version enfin démocratique de la télévision, où la création personnelle a remplacé le fameux “signal international”, les interviews convenues d’avant match, les champs-contrechamps et le texte. Les spectateurs ne se contentent plus, comme il le font désormais sur Twitter ou Facebook, de compléter ou de fournir le contrechamp, les coulisses, des images médiatiques dominantes, mais enregistrent le duel comme si il s’agissait du dernier.

par Thomas Fioretti, Aleksander Jousselin
dimanche 8 juin 2014

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