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Venise 2012 #0

vendredi 31 août 2012

La Mostra recommence à zéro. Directeur des dernières huit éditions, Marco Müller est parti à Rome, soutenu par la droite – lui que les journaux de Berlusconi ont toujours accusé de maoïsme. Intrigues étranges et impossibles à résumer de la partitocratie italienne.
Camille Brunel arrive demain dans cette nouvelle Mostra dirigée par Alberto Barbera, déjà président du Musée du cinéma de Turin et parrain du putsch qui a normalisé le festival de Turin [1].
En attendant, nous reproduisons les billets d’une lectrice bien informée, qui a préféré garder l’anonymat.

Notes

[1Le festival de Turin a été crée par une association de cinéphiles : Cinema Giovani. Pendant vingt cinq ans, l’association a géré le festival dans l’indépendance et formé une génération de programmateurs issus de l’association. En 2008, la naissance du festival de Rome (créé par le maire de "gauche" Veltroni) a poussé la ville de Turin (de "gauche" aussi) à contrôler plus directement le festival (dans le but de le rendre plus "populaire").
Il fallait pour cela congédier Cinema Giovani. Stratégie en deux phases : 1, attaque frontale et violente via la presse amie (de la mairie). 2, festival mis sous tutelle du Musée du cinéma (à son tour contrôlé par les institutions). Phase 1 très réussie : la presse italienne se déchaine contre le festival (qu’on accuse d’être élitiste et anti-peuple). Mais aussi contre-productive : le festival en sort comme une ville bombardée. Nécessité de mettre alors en façade un nom fort, un visage internationalement connu et un carnet d’adresse de stars et d’auteurs respectés par le public semi-cultivé de la gauche caviar. Trouvé : Nanni Moretti. Invité d’honneur de la première édition "normalisé" signée Nanni Moretti ? Evidence : Wim Wenders.