0 | 15 | 30 | 45 | 60 | 75 | 90 | 105 | 120 | ... | 270

Venise 2012 #3

samedi 1er septembre 2012

At Any Price de Ramin Bahrani (Man Push Cart, Chop Shop) est une énième tentative pour expliquer ce sur quoi l’Amérique est fondée : sang et hypocrisie. Beaucoup l’ont mieux fait. Bahrani évoque en permanence Le Géant et À l’Est d’Eden. Le jeune héros s’appelle Dean et aime les courses de voitures. Esprit pédagogique appréciable mais raté. Les icônes beat passent mal sur les écrans du XXIe. Le véritable sens du film est peut-être que l’Amérique n’est plus capable de renouveler son imaginaire.

Paradis : Glaube d’Ulrich Seidl est un bon film. L’humanité est monstrueuse. Moralement et donc aussi physiquement (c’est un film très Autrichien). L’héroïne est ultra-catholique. Elle ne rencontre que des personnes aux existences et aux corps dévastés. Elle observe en cachette une scène d’orgie entre idiots (ce qui est pour le coup plutôt danois). Sublimation freudienne : dans l’image religieuse la femme projette son idéal impossible de pureté. Chaque fois qu’il y a pulsion (sexuelle), elle s’inflige une punition – moins pour faire plaisir à Dieu que pour se laver. Sorte de Lady Macbeth qui ne se lave les mains que pour les trouver toujours tachées par le sang.