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Quelques heures de printemps

mardi 13 novembre 2012

Le personnage d’Emmanuelle Seigner se fait sauter pour aider à la construction de celui de Vincent Lindon, lui même au service d’un plaidoyer pour (ou contre ?) le suicide assisté. Stéphane Brizé (Je ne suis pas là pour être aimé, Mademoiselle Chambon) met son vrai talent de directeur d’acteurs au service d’un nouveau portrait de la gent fruste, qui lui épargne d’avoir à tenir le moindre discours sur la question. Or ce n’est pas parce qu’un problème est insoluble qu’on ne doit pas prendre position (voir Haneke, Bellocchio). Quelques heures de printemps vaut surtout comme document : la réalité décrite de l’association suisse d’aide au suicide est (on s’est renseigné) d’une précision parfaite. A condition quand même de faire abstraction de la musique, empruntée aux compositions de Nick Cave pour L’Assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford. On peut s’amuser, du coup, à lire le film comme une réécriture de la légende de Jessie James. Mais c’est lui accorder beaucoup de crédit. 4.7.

C.B.