Producteurs

Les producteurs n’ont pas disparu. En France, il y en a au contraire de plus en plus. Sont-ils les petits fils de Georges de Beauregard ? Sont-ils les fils de Humbert Balsan, de Paulo Branco ? Leurs cousins, neveux ?
Disons-le comme Chance the Gardener dans Being There (Hal Ashby, 1979) : la production du cinéma français est comme un arbre. Il fonde ces racines dans un sol de fonds publics et privés. Beaucoup de guichets l’arrosent. Mais le terrain qui lui donne la vie est le CNC. Certains distributeurs viennent apporter, de plus en plus tôt dans la saison, de l’engrais. La télévision arrose elle aussi, parfois. Ce grand arbre n’est pas seul. Des petites plantes poussent, périssent ou vivotent à ses côtés. Ce sont les indépendants. Les plus indépendants des indépendants sont des fleurs qui naissent et fanent le temps d’une pluie qui

suit une journée de soleil.
Dans cet environnement, les producteurs inventent leur jardinage et se forment par le biais de la matière qu’ils travaillent. Chaque plante a une vie, des habitus, des exigences différentes selon son espèce. Il y en a qui boivent beaucoup. D’autres par petites gorgées. Il y a celles qui grandissent rapidement, et celles qui ne donnent des fruits qu’une fois par an. Chaque producteur veut son genre de plante, chaque plante veut son genre de producteur.
Inutile de dire pourquoi il est important, pour la revue, de faire le tour de ce jardin. Ignorer les producteurs serait comme oublier l’arbre pour n’en goûter que les fruits. On peut aimer faire son marché, et vouloir aussi trouver son chemin dans la forêt, où de nouveaux spécimens, nous compris, ne cessent par tous les moyens de pousser.

ER, AT

Accueil > séries >Producteurs